Transitions des jeunes en contexte de vulnérabilité et injonction à l’autonomie : soutiens offerts en ville et en région

Projet financé par le Conseil de Recherches en sciences humaines

Résumé

L’émergence, à partir des années 1970, de nouvelles figures de la pauvreté (jeunes, femmes, chômeurs de longue durée) s’est produite parallèlement à l’apparition de nouvelles dynamiques d’exclusion du monde du travail. Les jeunes furent particulièrement interpellés par ces transformations, étant les premiers affectés par la précarité et par la flexibilité des emplois. Dans ce contexte, les jeunes doivent tout autant s’adapter aux nouvelles exigences de l’intégration sociale et professionnelle dans le passage à la vie adulte que se conformer aux limitations et exigences de l’action publique. Ainsi, on attend des jeunes qu’ils soient flexibles et polyvalents, en somme qu’ils soient performants et autonomes, tout comme les actions publiques menées à leur endroit. En effet, plusieurs figures de jeunes en marge des modalités dominantes du passage à la vie adulte (décrocheurs scolaire, jeunes issus des systèmes de protection de l’enfance et de la jeunesse, jeunes autochtones, jeunes de la rue, jeunes immigrants, etc.) constituent autant de groupes pour lesquels les gouvernements, les institutions et les intervenants sociaux se mobilisent pour tenter de favoriser l’insertion sociale et en emploi. La question centrale de ce projet est : Quelle est l’adéquation entre, d’un côté, les parcours et les transitions des jeunes et de l’autre, les pratiques d’intervention sociales rattachées aux politiques publiques, aux institutions et aux communautés ? Les questions spécifiques sont : Quels sont aujourd’hui les parcours de vie des jeunes dont on perçoit que leurs expériences les placent en marge des modalités dominantes du passage à la vie adulte ? Quel est le rôle des diverses formes de soutien dans les parcours de vie de ces jeunes dans des contextes géographique, social et institutionnel différenciés? Notre programmation de recherche se décline donc autour de trois dimensions d’analyse : 1) une analyse de politiques publiques relevant des domaines de l’exclusion sociale; 2) une étude des logiques d’intervention des professionnels de terrain en direction des jeunes vulnérables (en fonction du contexte, des moyens dont ils peuvent disposer, etc.); 3) une analyse des parcours biographiques des jeunes en situation de vulnérabilité (difficultés d’insertion professionnelle ,des difficultés d’accès à un logement stable, des difficultés de santé ou d’accès aux soins ou d’une impossibilité à recourir au soutien matériel de la famille). Trois sites distincts (Montréal, Abitibi, Outaouais) permettront l’analyse de l’importance des contextes métropolitain, urbain et rural dans le rapport entre soutiens et parcours.

Compte tenu de l’emphase des orientations gouvernementales pour une meilleure coordination des actions auprès des jeunes, la grande participation des acteurs du monde de la jeunesse (maisons de jeunes, auberges du cœur, carrefours jeunesse emploi, entreprises d’insertion, organismes autonomes jeunesse, centres jeunesse, acteurs municipaux, etc.) contribuera à la réflexion sur les modalités du travail ensemble. En définitive, en jetant un éclairage inédit sur leurs parcours de vie et les soutiens auxquels ils peuvent accéder, cette recherche pourra contribuer au développement d’une meilleure orientation des interventions et dispositifs visant à soutenir les jeunes en difficulté.

Le projet CRSH s’inscrit en miroir à un projet de recherche en cours en France « Jeunes vulnérables, perceptions et prises en charge dans les politiques locales, sociales et de santé ». À terme, la réalisation de l’étude québécoise permettra des comparaisons internationales sur le poids des contextes nationaux et culturels autant dans la structuration des politiques de jeunesse que dans les parcours des jeunes.

Chercheur principal

Martin Goyette, École nationale d’administration publique, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’évaluation des actions publiques à l’égard des jeunes et des populations vulnérables (CREVAJ)

Co-chercheurs

  • Geneviève Turcotte, Centre jeunesse de Montréal – Institut universitaire
  • Patricia Loncle, École des hautes études en santé publique de Rennes
  • Madelaine Gauthier, Institut national de la recherche scientifique
  • Céline Bellot, École de service social, Université de Montréal
  • Annie Fontaine, École de service social, Université de Montréal
  • Estibaliz Jimenez, École de criminologie, Université de Montréal
  • Marc Molgat, École de service social, Université d’Ottawa
  • Patrice Leblanc, Université du Québec en Abitibi-Témiscaminque
  • Eduardo Castillo-Gonzalez, Université d’Ottawa